La Sans-Valentin

D-Day. Ça y est, nous y voilà. Le 14 février s’éveille, puant d’amour surfait, de romantisme déguisé et d’amoureux contraints d’étaler au monde entier leurs sentiments dégoulinants. Bref, un véritable bonheur pour les sans-valentins (comme moi) pour lesquels ce jour dédié au monde merveilleux de l’amour n’est que le miroir nous reflétant si délicatement explicitement notre solitude sentimentale.

Oui c’est vrai, j’exagère. Mais dans chaque cliché se cache une part de vérité ! Pour autant, hors de question de se laisser abattre et cette journée so-wonderfull-ascenseur-émotionnel-crazy-wahou me l’a bien prouvé.

Apprêtée et lookée comme si je me rendais à mon premier vrai rencart avec l’homme de ma vie (ce qui fût presque le cas… explications un peu plus bas) je mets toutes les chances de mon coté pour rivaliser avec cette atmosphère mielleuse omniprésente ou alors au moins, essayer d’y prendre part à ma manière ! Mes gambettes me guident jusqu’au métro plus tôt que je ne l’ai jamais été : quel bonheur. Transportée par un sentiment de bien-être fulgurant, les transports en commun me paraissent ce matin bien moins agressifs qu’ils ne l’étaient la veille.

Et puis merveille… je t’aperçois ! Beau jeune homme ténébreux, grand, brun et gracieux. Ton style et ton attitude auraient pu faire de toi l’incarnation parfaite d’un personnage de film à Happy end Hollywoodienne. Durant la moitié du trajet, nos regards se sont croisés, puis évités. Quelques stations plus tard, tu entres en mouvement et je comprends, à contre-cœur, que tu vas me quitter. Après un vague moment d’hésitation, tu t’approches, me faisant lit-té-ra-le-ment rêver… Ton visage éclatant se trouve face à moi et tu me complimentes sur la seule chose dont tu ai connaissance à mon sujet : mon apparence (j’aime ces matins d’instincts où Angel Bridget me guide dans une voix qui s’avère souvent être la bonne). Vient alors un geste inespéré : tu me souhaites, de ta voix douce et rocailleuse une « Joyeuse saint-Valentin », m’offrant la magnifique rose blanche en ta possession depuis le début du trajet.

C’est précisément CET instant qui représente le moment so-wonderfull-surprise-me-amazing-je n’ycroispas de la journée ! C’est un véritable feu d’artifice dans mon estomac, des paillettes de princesses qui illuminent mes yeux et un feu ravageur qui brûle mes fossettes, sous le regard stupéfait des autres passagers. Wahouu je n’en reviens pas, mais alors vraiment pas ! Tellement pas que le temps de réaliser ce qui vient de m’arriver, tu t’étais déjà éclipsé hors de la rame. Mon « merci » égosillé fût étouffé par la sonnerie des portes qui se refermaient sur notre rencontre fortuite. Ta silhouette à la démarche nonchalante s’est éloignée, me laissant pour seul souvenir ton beau visage et ton présent.

Adieu bel inconnu. Ce cadeau a illuminé ma journée et m’a l’instant d’une seconde réconcilié avec cette fête (consumériste) qu’est la Saint-Valentin. J’admire cette rose, la respire, m’amuse d’elle, me remémore notre rencontre… Je plane carrément sur nuage. Jusqu’à ce que je sois ramenée à la réalité : tu ne comptais pas sur notre rencontre hasardeuse du matin avant de prendre ce métro, alors cette rose, à qui était-elle initialement destinée ? Cupidon m’a tuée.

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